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Atelier d'écriture personnes âgées en structures

Groupe atelier d’écriture résidence autonomie La Suze (72)

D’avril à juin 2019, j’ai animé mon premier atelier d’écriture avec un groupe d’une résidence autonomie sarthoise. Pourquoi ce nouveau projet, et pourquoi auprès d’un public âgé hébergé en structure ? J’ai simplement voulu relier ce que je connais avec la nouvelle voie que j’ai choisie.

Des ateliers d’écriture dans quel cadre ?

J’ai occupé mon dernier poste pendant 16  ans  auprès des personnes âgées. Cela m’a permis de bénéficier d’une expérience et d’un certain nombre de formations autour du vieillissement et de la question gérontologique.  Donc, le public des seniors, je connais un peu.

L’envie de partager mon goût pour les mots avec cette tranche d’âge m’est alors venue tout naturellement. L’un des volets de la loi ASV (Adaptation de la Société au Vieillissement), entrée en vigueur en 2016,  prévoit des actions de prévention financées par les Départements. Cela m’a donné un cadre pour envisager ce projet.

Après ma formation (de nouveau avec l’organisme lyonnais Iscriptura), une ancienne partenaire – directrice d’une résidence autonomie – m’a permis d’animer un groupe de résidentes de son établissement sur six séances d’une heure et demie.

Quel contenu proposer  ? 

L’objectif n’est pas de réaliser des textes de haute volée, mais simplement de construire des phrases simples, sur des thèmes simples.

C’est une écriture en partie autobiographique, centrée sur l’histoire de vie (mon credo !), avec des thèmes de séances rythmés par les fêtes du calendrier (fête du travail, 8 mai, fête des mères, fête des pères). Mais cela peut déborder sur des sujets plus généraux, autour de la vie de tous les jours d’hier et d’aujourd’hui.

Il s’agit par exemple, à l’instar de Philippe Delerm (« La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules »), d’écrire sur les moments de la journée où l’on se sent heureux de vivre. Ou bien, sur le modèle du « Je me souviens » de Daniel Pennac – un classique des ateliers d’écriture – de rédiger une série de « je me souviens » sur la mère qu’on a eue, ou la mère qu’on a été. Ou encore, après l’écoute de « La Montagne » de Jean Ferrat,  de s’exprimer sur le thème de « quitter le nid » : et pour vous, c’était comment ?

Échanger et partager

L’autre intérêt de ces séances est de partager les réalisations. Les retours de chacune alimentent la discussion, parfois fournie et intense. Ils élargissent le débat à des souvenirs plus larges, ceux d’une époque, d’une période de l’histoire.

Cet espace est l’occasion de discuter du passé et du présent, de créer du lien, de rompre l’isolement. Tout en vivant sur le même lieu, les résidents ne se connaissent pas forcément bien. Ils se côtoient au restaurant de la résidence, mais ce n’est pas le lieu le plus adapté pour communiquer et parler de soi. Les animations diverses et variées autorisent davantage ces moments de convivialité.

Au-delà du temps de la rencontre, les participantes ont été encouragées à recopier dans un cahier personnel les écrits autobiographiques réalisés. Ce travail (facultatif) constitue un prolongement de la rencontre collective et permet d’étoffer et d’enrichir le contenu. Il permet de continuer à travailler sur l’écrit, tranquillement et librement, sans la contrainte du temps imposée par le groupe.

Bilan du premier atelier

Je viens de terminer cette première session de trois mois. Pour certaines participantes, cela aura été visiblement un plaisir. Pour d’autres, cela aura été plus difficile d’aborder les souvenirs, parfois trop lourds, trop douloureux. L’émotion peut surgir et déborder. Il faut savoir être à l’écoute, dans l’empathie, tout en restant dans son cadre d’intervention.

La difficulté de l’exercice est de répondre aux besoins et à la demande de chaque participant, qui peuvent être très différents. Une ou deux personnes auraient souhaité moins d’échanges et davantage d’écriture, voire des exercices de français tels que des dictées. Mais pour d’autres, cette proposition n’aurait pas été adaptée. Il faut donc composer avec ces divergences, et faire le choix d’un « axe médian » susceptible de convenir au plus grand nombre.

J’ai pris pour ma part beaucoup de plaisir à ces rencontres sincères et  spontanées, que j’espère renouveler et élargir… Avec, pourquoi pas, quelques hommes dans les  groupes à venir ? Ils seront les bienvenus !