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Biographie

Quel coût pour une biographie avec un écrivain public ?

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« J’aimerais bien raconter mon histoire ou celle de ma lignée. Mais quel est le coût d’une biographie avec un écrivain public ? Combien de temps nécessite ce travail ? » C’est une question que le biographe entend régulièrement, et à laquelle il a toujours du mal à répondre. Un récit de vie n’est pas un produit comme un autre. Chaque personne est différente, et son besoin ne sera jamais le même que celui de son voisin. Des facteurs essentiels sont à prendre en compte pour déterminer le temps d’écriture d’une biographie, et par conséquent la dépense à envisager.

Autant de biographies que de narrateurs 

Plusieurs éléments vont influer sur la durée du travail et sur le tarif d’un biographe privé :

  • La période évoquée

Le temps consacré ne sera pas le même si le narrateur veut raconter toute sa vie, ou s’il fait le choix de se limiter à un épisode (ou à un domaine). Une personne jeune voulant relater une période de sa vie (un événement, une période difficile, une naissance, une profession, etc.) n’aura pas besoin du même nombre d’heures que la personne âgée qui veut évoquer tout son parcours, ou celui de sa famille.

  • L’abondance des informations

L’un souhaitera un récit synthétique, un autre préférera le parsemer de détails et d’anecdotes. Certains narrateurs hiérarchiseront spontanément leurs souvenirs pour n’en conserver que l’essentiel. D’autres auront besoin d’une grande précision dans les faits et aimeront revisiter chaque événement, jusque dans ses moindres recoins. Chacun est différent, dans son besoin et dans sa forme d’esprit.

Le temps de retranscription ne sera pas non plus le même si l’élocution du narrateur est rapide ou si son rythme de parole est lent. Un entretien dense, comprenant de nombreuses informations, doit être trié, rangé et ordonné de la même façon qu’un discours moins étoffé. Il faudra donc inévitablement plus de temps pour le mettre en forme.

  • La fluidité du discours

Sur le plan de la fluidité et de la cohérence chronologique du récit, il existe également des disparités entre les narrateurs. Les flashbacks sont une constante. La mémoire étant fortement sollicitée, il est habituel de retrouver, entre deux séances, des souvenirs qu’il convient de replacer au bon endroit dans le récit.

Mais cette tendance est variable selon chacun. Certains papillonneront plus que d’autres dans leurs souvenirs, et s’égareront facilement. Ce qui n’est ni bien ni mal. Il n’y a rien d’anormal ni de péjoratif dans le fait de faire constamment des retours en arrière. La mémoire doit retrouver des points de repère éloignés dans le temps. Elle est donc amenée à travailler, et elle fait le job comme elle peut.

Il y a, par contre, une incidence sur le temps passé à retranscrire. Cette étape demandera plus de temps s’il faut constamment rechercher où insérer les nouvelles informations.

  • La bonne volonté de la mémoire
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Stimuler les souvenirs

La mémoire peut aussi jouer des tours et se montrer capricieuse. Quand elle fait faux bond, il faut aller à la pêche. Des outils peuvent être utilisés :

–  un document « fil rouge » permettant un guidage autour des différentes étapes de la vie ;

– des photos anciennes ;

– des objets ou des lettres (le domicile du narrateur reste, de ce fait, le lieu idéal pour les entretiens) ;

– une collaboration avec les enfants, qui peuvent apporter des informations précieuses susceptibles de « réveiller » la mémoire du narrateur.

Mais cela suppose une sollicitation plus importante et une relance régulière du biographe, ce qui peut induire un nombre d’entretiens plus important.

  • Les exigences spécifiques des narrateurs

Il arrive que le narrateur souhaite une retranscription plus « personnalisée », qui va plus loin que l’évocation des souvenirs. À partir de moments intenses relatés, il demande au biographe de retraduire l’émotion exprimée, de la façon la plus précise et la plus juste possible.

Il faut alors se mettre dans la peau de son interlocuteur, et trouver les mots qu’il aurait pu écrire s’il en avait eu la capacité. Ou si l’émotion paralysante ne l’en avait pas empêché. Exercice passionnant, mais qui nécessite de prendre le temps de l’écriture.

À lire également :  écrire la vie des autres…

Après l’entretien, quel travail pour finaliser la biographie ?

Pour déterminer le temps et le tarif d’une biographie par un écrivain public, il faut aussi prendre en compte la partie immergée de l’iceberg : un travail important reste à réaliser après l’entretien.

  • Retranscrire et classer
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La retranscription : une étape exigeante

Il faut d’abord retranscrire la séance enregistrée. Parfois, on s’attarde sur un élément que l’on comprend moins bien. On peut aussi être amené à faire quelques recherches pour vérifier un mot ou un fait (la grande histoire est très présente dans les récits de personnes plus âgées).

Ensuite, on réalise un grand ménage. Il faut ranger toutes ces informations dans les différents chapitres, afin de constituer le récit fluide, cohérent et agréable à lire que le narrateur est en droit d’attendre. À chaque entretien, des informations nouvelles sont à reclasser à l’endroit qui l’attend. C’est un puzzle qui se met en place petit à petit. Un véritable travail de fourmi, qui allie patience, minutie et rigueur…

  • Mettre en page et titrer

Quand le récit se termine, le moment est arrivé de finaliser la mise en page et d’insérer les éventuelles photos. Il faut également donner un titre aux différents chapitres et, cerise sur le gâteau, nommer le livre. C’est une étape importante, car le titre représente la vitrine de l’ouvrage. Il doit refléter le contenu et en donner une photographie en quelques mots.

Le narrateur peut avoir déjà arrêté son titre, ou avoir pensé à quelques idées. Il suffit alors de le guider vers ce qui semble le plus adapté. Mais il arrive souvent qu’il confie cette tâche au biographe. Trouver le titre qui fera tilt, qui résonnera comme une évidence, peut demander un peu de temps.

  • Relire et finaliser

Il reste encore à relire l’intégralité du texte. Malgré l’aide de logiciels performants, c’est une étape chronophage qui reste indispensable. Le récit est ensuite relu par le narrateur (ou ses enfants, selon le contexte). Les dernières corrections, les ajustements ou les souvenirs retardataires qui ont décidé de refaire surface in extremis seront rajoutés.

Arrive enfin la dernière ligne droite. Si le client a fait le choix d’ offrir son récit sous forme de livre, le biographe assurera le lien entre le narrateur et l’imprimeur.

Il faudra regarder de près le bon à tirer pour vérifier que tout est conforme, puis revoir le client pour lui présenter le brouillon de son œuvre. C’est lui qui donnera le feu vert pour lancer l’impression définitive, avant l’ultime étape : la livraison du récit.

Comment déterminer le coût d’une biographie avec un écrivain public ?

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Quel est le coût d’un récit de vie ?

 

L’écrivain biographe est donc confronté à ces différents facteurs qui déterminent le temps passé. Il compose avec des demandes et des personnalités très différentes. Il doit proposer un tarif qui n’étrangle pas le client, tout en gagnant raisonnablement sa vie. Car il s’agit bien d’un métier,  dont le but, comme toute profession, est d’en vivre.

Le juste prix

Mais qu’est-ce qu’un revenu raisonnable ? Bien sûr, cela n’a pas le même sens selon chacun. La définition du Larousse me semble assez juste : « qui se situe dans une honnête moyenne, qui est modéré mais suffisant ».

Malgré cette définition de bon sens, cela reste bien subjectif… Une chose est sûre : personne n’a jamais réussi à s’enrichir en réalisant des biographies pour des particuliers, du moins de personnes non connues. L’humanité et le goût des autres qui sont au centre de cette activité s’accordent mal avec une attitude purement commerciale.

Il s’agit donc de trouver le tarif le plus juste, tant pour le narrateur que pour le biographe. Une option possible est de fixer au départ un budget (ou un nombre de séances) à ne pas dépasser. Le biographe respecte cet engagement en balisant les entretiens, afin que le travail soit réalisé dans le temps ou le budget imparti. Chacun doit alors jouer le jeu et respecter les règles définies, pour que le coût reste dans les limites fixées.

Le nombre d’entretiens

Pour répondre à la question du nombre d’entretiens nécessaires pour réaliser une biographie, il faut revenir aux différences relatives aux demandes et aux personnes. Quatre heures d’entretien peuvent suffire, même pour le récit de toute une vie. Cela aboutira à une petite cinquantaine de pages A5, et permettra de faire un tour d’horizon succinct en évoquant l’essentiel.

Pour les plus prolixes, il faudra davantage de rencontres. Parfois beaucoup plus. Le travail le plus long que j’ai eu à réaliser a nécessité 23 entretiens d’une heure, alors qu’au départ, ma narratrice ne pensait pas dépasser les 6 heures ! De fil en aiguille, ses souvenirs en ont réveillé d’autres. Nous sommes arrivées, à sa grande satisfaction, à 200 pages format A4 (soit environ 400 pages A5).

Appliquer sa tarification

Le biographe doit définir ses tarifs dans un contexte sans réglementation précise. Il y a des façons de faire, un ordre d’idée, une trame proposée par les organismes professionnels. Pour faire court, on dit fréquemment que le coût d’une biographie se situe aux environs de 2000 – 2500 € (quel que soit, d’ailleurs, le tarif de base). Pour ma part, je dirais que tout dépend de ce que souhaite le narrateur et du nombre de rencontres que l’on se fixe.

Petit retour d’expérience… Depuis le début de mon activité (2016), j’ai modifié mon barème à plusieurs reprises. J’ai commencé par un forfait de lancement à 450 € pour quatre heures d’entretien. Sachant que les cotisations sociales représentent 1/4 du chiffre d’affaires, mon revenu horaire ne dépassait pas le SMIC. Il était même inférieur quand j’avais des recherches à faire.

J’ai alors opté pour une tarification à l’heure (j’ai fixé mon tarif de débutante à 20  €/heure, puis à 22 €). Mais l’addition de toutes les heures nécessaires rendait la facture un peu élevée pour un certain nombre de budgets.

J’ai fini par choisir l’option qui m’a semblé la plus juste pour chacun : un tarif forfaitaire dégressif, mis en place au 1er janvier 2019 :

  • 3 premiers entretiens d’une heure (+ écriture, mise en page, relecture, etc.) : 150 € par entretien, soit 450 € ;
  • 4e entretien : 140 € ;
  • 5e entretien : 135 € ;
  • À partir du 6e entretien : 130 €.

Depuis l’application de cette tarification, le coût pour mes différentes réalisations se situe entre 590 € (pour 4 entretiens) à 3000 € (pour 26 entretiens), hors impression du livre.

Peut-on trouver un biographe moins cher ? Il est légitime de se poser la question. Oui, c’est toujours possible, mais les compétences d’un biographe agréé par l’AEPF ont été testées par un membre du conseil d’administration de l’association. Cette procédure est donc a priori le gage d’une certaine qualité. Le professionnel agréé doit par ailleurs respecter une charte de déontologie, qui garantit au client une attitude éthique et respectueuse.

 

Pour conclure par un conseil, si vous vous engagez dans la recherche d’un professionnel pour rédiger une biographie familiale, prenez le temps de la réflexion. Le premier entretien est le plus souvent gratuit, ce qui encourage à rencontrer plusieurs biographes. Voyez ce qu’ils ont déjà réalisé, comment ils envisagent ce chemin à parcourir avec vous. Observez quel est votre ressenti à ce premier contact. Posez toutes les questions qui vous préoccupent. La notion de coût d’une biographie réalisée avec un écrivain public est certes importante, mais l’essentiel, pour partir à la recherche de vos souvenirs, est avant tout de se sentir en confiance.

 

 

 

 

 

 

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