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Quel-est-le-tarif-d'une-biographie

Quels sont les tarifs pour un récit de vie ?

« J’aimerais bien rédiger l’histoire de ma vie avec l’aide d’un écrivain public, mais quel est le tarif pour une biographie ? » C’est une question que l’écrivain public biographe entend régulièrement… et à laquelle il a toujours du mal à répondre ! Quels facteurs peuvent influer sur le prix d’une biographie ? Quel travail se cache derrière le coût d’un récit de vie, ressenti parfois comme trop élevé ?

Autant de biographies que de narrateurs

Un récit de vie n’est pas un produit comme un autre. Chaque personne est différente, et son besoin ne sera jamais le même que celui de son voisin.

Différents points sont à prendre en compte pour déterminer le temps passé à écrire une biographe, et par conséquent le coût.

La période évoquée

Le temps consacré ne sera pas le même si le narrateur veut raconter tous les chapitres de sa vie, ou s’il fait le choix de se limiter à une période (ou à un domaine). Une jeune personne voulant relater un pan de vie spécifique (une passion, un événement, une période difficile, une naissance, une profession, etc.) n’aura pas besoin du même nombre d’heures que la personne âgée qui veut évoquer de longues années de vie.

L’abondance des informations

L’un souhaitera un récit synthétique, un autre préférera le parsemer de détails et d’anecdotes. Certains narrateurs hiérarchiseront spontanément leurs souvenirs pour n’en conserver que l’essentiel. D’autres auront besoin d’une grande précision dans les faits et aimeront revisiter chaque événement, jusque dans ses moindres recoins. Chacun est différent, dans son besoin et dans sa forme d’esprit.

Les retours en arrière

Sur le plan de la cohérence chronologique du récit, il existe également des disparités entre les narrateurs. Les flashbacks sont une constante. La mémoire étant fortement sollicitée, il est habituel de retrouver, entre deux séances, des souvenirs qu’il convient de replacer au bon endroit dans le récit.

Mais cette tendance est variable selon chacun. Certains papillonneront plus que d’autres dans leurs souvenirs, et s’égareront facilement. Ce qui n’est ni bien ni mal ! Il n’y a rien d’anormal ni de péjoratif dans le fait de faire constamment des retours en arrière. La mémoire doit retrouver des points de repères éloignés dans le temps. Elle est donc amenée à travailler, et elle fait le job comme elle peut.

Il y a, par contre, une incidence sur le temps passé à retranscrire. Cette étape demandera plus de temps s’il faut constamment rechercher où insérer les nouvelles informations.

La bonne volonté de la mémoire

Les-caprices-de-la-mémoire-lors-d'une-biographie

Trouver des outils pour solliciter les souvenirs

La mémoire peut aussi jouer des tours et se montrer capricieuse. Quand elle fait faux bond, il faut aller à la pêche. Des outils peuvent être utilisés :

–  un document « fil rouge » permettant un guidage autour des différentes étapes de la vie ;

– des photos anciennes ;

– des objets ou des lettres (le domicile du narrateur reste, de ce fait, le lieu idéal pour les entretiens) ;

– une collaboration avec les enfants, qui peuvent apporter des informations précieuses susceptibles de « réveiller » la mémoire du narrateur.

Mais cela suppose une sollicitation plus importante et une relance régulière du biographe, ce qui peut induire un nombre d’entretiens plus important.

Le rythme d’élocution

Le temps de retranscription ne sera pas non plus le même si l’élocution du narrateur est rapide ou si son rythme de parole est très lent. Un entretien dense, comprenant de nombreuses informations, doit être trié, rangé et ordonné de la même façon qu’un discours moins étoffé. Il faudra donc inévitablement plus de temps pour le mettre en forme.

Les exigences spécifiques

Il arrive que le narrateur souhaite une retranscription plus « personnalisée » (cf article précédent) qui va plus loin que l’évocation des souvenirs. À partir de moments intenses relatés, il demande au biographe de retraduire l’émotion exprimée, de la façon la plus précise et la plus juste possible.

Il faut alors se mettre dans la peau de son interlocuteur, et trouver les mots qu’il aurait pu écrire s’il en avait eu la capacité, ou si l’émotion paralysante ne l’en avait pas empêché. Exercice passionnant, mais qui nécessite de prendre le temps de l’écriture.

L’entretien… et ce qui suit

Dans la réalisation d’une biographie, il faut donc prendre en compte la partie immergée de l’iceberg : le travail important qui reste à réaliser après l’entretien.

Retranscrire et classer

Retranscrire-un-récit-de-vie

La retranscription : une étape exigeante

Il faut d’abord retranscrire la séance enregistrée. Parfois, on s’attarde sur un élément que l’on comprend moins bien. On peut aussi être amené à faire quelques recherches pour vérifier un mot ou un fait (la grande histoire est très présente dans les récits d’anciens).

Ensuite, on réalise un grand ménage. Il faut ranger toutes ces informations dans les différents chapitres, afin de constituer le récit fluide, cohérent et agréable à lire que le narrateur est en droit d’attendre. À chaque entretien, des informations nouvelles sont à reclasser à l’endroit qui l’attend. C’est un puzzle qui se met en place petit à petit. Véritable travail de fourmi, qui allie patience, minutie et rigueur…

La finalisation : étape délicate et chronophage

Quand le récit se termine, le moment est arrivé de finaliser la mise en page et d’insérer les éventuelles photos. Il faut également titrer les différents chapitres et, cerise sur le gâteau, nommer le livre. C’est une étape importante, car le titre représente la vitrine de l’ouvrage. Il doit refléter le contenu, en donner une photographie en quelques mots.

Le narrateur peut avoir déjà arrêté son titre, ou penser à quelques idées. Il suffit alors de le guider vers ce qui semble le plus adapté. Mais il arrive souvent qu’il confie cette tâche au biographe. Cela peut demander un peu de temps, l’inspiration n’étant pas toujours au rendez-vous. Quand un titre surgit la nuit, à la faveur d’une insomnie créative, on a tout intérêt à se lever pour le noter, avant qu’il ne s’échappe !

Il reste encore à relire l’intégralité du texte. Malgré l’aide de logiciels performants, c’est une étape qui reste indispensable. Pour cette lecture attentive, qui prend du temps, il est souvent difficile de compter toutes ses heures.

Le récit est ensuite relu également par le narrateur (ou ses enfants, selon le contexte). Celui-ci commandera les dernières corrections, ou rajoutera les souvenirs retardataires qui ont décidé de refaire surface in extremis.

La-finalisation-sous-forme-de-livre

L’aboutissement sous forme de livre format A5

 

Arrive enfin la dernière ligne droite : la présentation du récit. Si le client a fait le choix de l’offrir sous forme de livre, il faut faire le lien avec l’imprimeur. Regarder de près le bon à tirer pour vérifier que tout est conforme, puis revoir le client pour lui présenter le « brouillon » de son œuvre, sont les dernières étapes avant de donner le feu vert pour l’impression définitive.

 

Déterminer une tarification : un casse-tête !

Tout cela n’a pas vraiment répondu à la question : quel est le coût pour réaliser une biographie ? Quels sont les tarifs d’un écrivain fantôme (terme désuet et amusant utilisé parfois) ?

Pas si simple… L’écrivain biographe est confronté à toutes les variables évoquées ci-dessus. Il compose avec des demandes et des personnalités très différentes. Il doit proposer un tarif qui n’étrangle pas le client, tout en gagnant raisonnablement sa vie. Car il s’agit bien d’un métier dont le but, comme toute profession, est d’en vivre.

Trouver un tarif consensuel

Mais qu’est-ce qu’un revenu raisonnable ? Bien sûr, cela n’a pas le même sens selon chacun. La définition du Larousse me semble assez juste : « qui se situe dans une honnête moyenne, qui est modéré mais suffisant ».

Malgré cette définition de bon sens, cela reste bien subjectif… Une chose est sûre : personne n’a jamais réussi à s’enrichir par la seule activité de biographe de personnes non connues  ! L’humanité et le goût des autres qui sont au centre de cette activité s’accordent mal avec une attitude purement commerciale.

Il s’agit donc de trouver le tarif le plus juste, tant pour le narrateur que pour le biographe. Une option possible est de se fixer au départ un budget (ou un nombre de séances) à ne pas dépasser. Le biographe respecte cet engagement en balisant les entretiens, afin que l’intégralité du travail soit réalisé dans le temps ou le budget imparti. Chacun doit alors jouer le jeu, et respecter les règles définies.

Doutes et tâtonnements

Depuis le début de mon activité (2016), j’ai modifié mon barème à plusieurs reprises. J’ai d’abord commencé par un forfait de lancement à 450 € pour quatre heures d’entretien. Sachant que les cotisations sociales représentent 1/4 du chiffre d’affaires, mon revenu horaire net ne dépassait pas un petit SMIC, voire moins quand j’avais des recherches à faire.

J’ai ensuite tenté une tarification à l’heure (j’ai fixé mon tarif de débutante à 20  €/heure, puis à 22 €). Mais l’addition de toutes les heures nécessaires rendait la facture un peu élevée pour un certain nombre de budgets.

L’option qui m’a semblé la plus juste pour chacun est un tarif forfaitaire dégressif (voir rubrique contact pour demander ma grille tarifaire). Pas totalement satisfaisant, car le forfait ne prend pas en compte les spécificités évoquées ci-dessus, mais, à tort ou à raison, c’est ce qui m’a semblé le plus acceptable et le plus équitable.

Combien faudra-t-il d’entretiens ?

Pour répondre à cette question, il faut revenir aux différences entre les demandes et entre les personnes. Pour le récit de toute une vie, quatre heures d’entretien peuvent suffire. Cela aboutira à une petite cinquantaine de pages A5, et permettra de faire un tour d’horizon succinct en évoquant l’essentiel.

Pour les plus prolixes, il faudra davantage de rencontres. Parfois beaucoup plus. Le travail le plus long que j’ai eu à réaliser a nécessité 26 entretiens d’une heure, alors que ma narratrice ne pensait pas dépasser les 6 heures ! De fil en aiguille, ses souvenirs en ont réveillé d’autres. Nous sommes arrivées, à sa grande satisfaction, à 200 pages format A4 (soit environ 400 pages A5).

Peut-on trouver un biographe moins cher ?

Il est toujours possible de trouver un biographe moins cher. Mais les compétences d’un biographe agréé (agrément proposé par l’AEPF) ont été testées par un membre du conseil d’administration de l’association. Cette procédure est donc a priori le gage d’une certaine qualité.

Le biographe agréé doit par ailleurs respecter une charte de déontologie, qui garantit au client une attitude éthique et respectueuse. Ce qui n’est pas négligeable sur le plan humain.

 

Si vous vous engagez dans la recherche d’un écrivain public pour rédiger une biographie familiale, prenez le temps de la réflexion. Le premier entretien est le plus souvent gratuit, ce qui encourage à rencontrer plusieurs biographes. Voyez ce qu’ils ont déjà réalisé, comment ils envisagent ce chemin à parcourir avec vous. Observez quel est votre ressenti à ce premier contact. Posez-lui toutes les questions qui vous préoccupent. La notion de prix est certes importante. Mais l’essentiel, pour partir à la recherche de vos souvenirs, est avant tout de se sentir en confiance.